Les lourdes portes à double battant du temple de Talundereth s’ouvrirent dans un grincement caverneux, dévoilant un couloir plongé dans une obscurité totale. L’air était sec, chargé de poussière et de l’odeur âcre de la pierre oubliée. Le sol dallé résonnait sous les pas d’Eminos, Legrolas, Dragonos et Avarielle, leurs torches jetant des ombres dansantes sur les murs sculptés. Au-dessus de leurs têtes, le plafond culminait à quatre mètres, soutenu par des arches de pierre robuste.
Sur leur gauche, un chemin descendait vers les entrailles du temple. Ils suivirent ce couloir orné de statues naines, dont certaines semblaient prêtes à s’animer. Au bout du corridor, un éboulement bloquait la route. C’est alors qu’un grondement sourd retentit : deux Galeb-Duhr, des élémentaires de terre nommés Fremine et Frowod, surgirent du mur. Le combat fut rude. Leurs poings massifs frappaient avec la force d’un séisme. Malgré leur résistance, les aventuriers tinrent bon. Legrolas bondissait de colonne en colonne, décochant ses flèches, Eminos enchaînait les assauts précis, tandis que Dragonos, sous sa forme de loup, harcelait les golems. Avarielle, au centre, priait pour la force divine de Dumathoin, soignant ses alliés et appelant la lumière pour éblouir leurs ennemis. Les deux créatures de pierre furent finalement terrassées, s’effondrant dans un nuage de poussière.
La chapelle interdite
Au-delà de l’éboulement, une chapelle aux murs gravés de symboles anciens se révéla. Sur l’autel trônait une statue inquiétante d’Ohna, une méduse. Un autre Galeb-Duhr, du nom de Kameren, semblait veiller les lieux. À peine eurent-ils franchi le seuil que la méduse s’anima. Eminos, trop téméraire, croisa son regard… et fut pétrifié sur-le-champ, figé dans la pierre dans une pose d’attaque.
La panique faillit s’emparer du groupe, mais Avarielle, invoquant le courage des anciens, lança un sort d’immobilisation de personne sur la méduse. Au prix d’un risque immense, elle dut croiser brièvement le regard de la créature. Une lumière divine scintilla autour d’elle, la protégeant de la malédiction. Dragonos, hurlant de rage, se métamorphosa en félin massif et bondit sur l’ennemie. Legrolas, dissimulé dans l’ombre, profita de la confusion pour transpercer Ohna d’un carreau empoisonné. L’affrontement fut intense, mais la méduse tomba, son corps se brisant dans un sifflement sinistre.
Le silence retomba, uniquement troublé par les gémissements d’effort de Dragonos, qui, reprenant forme elfe, repéra une petite ouverture dans un mur dissimulée derrière un rideau de lichen. Il se transforma alors en raton-laveur et s’y faufila, trouvant une chambre forte verrouillée de l’intérieur. À l’intérieur : pièces d’or, statuettes anciennes, armes précieuses, un symbole sacré de Dumathoin, une lentille de netteté enchâssée dans une monture d’argent et, surtout, un parchemin de restauration suprême. Grâce à ce dernier, Eminos fut ramené à la vie, sa prison de pierre se fissurant lentement jusqu’à libérer son corps, haletant mais vivant.
L’arsenal du passé
Le couloir principal les mena ensuite à une salle d’armes. Des rateliers s’alignaient le long des murs, exhibant des haches de guerre, marteaux de forgeron et armures naines antiques. L’atmosphère était solennelle, presque sacrée. Deux portes s’ouvraient de part et d’autre de la pièce. La première révélait le quartier du maître d’armes, un bureau sobre mais vide. La seconde menait à une armurerie, également vide à première vue.
Mais au moment où Legrolas posa le pied dans la salle, des méphytes poussiéreux surgirent en sifflant, accompagnés d’un nécrophage malingre. La poussière envahit l’air, réduisant la visibilité à presque rien. Avarielle récita une prière pour dissiper la confusion, pendant que Dragonos, de nouveau sous forme animale, frappait avec ses griffes. Les petites créatures furent balayées rapidement, et Eminos planta sa lame dans la poitrine du nécrophage avec une précision chirurgicale.
La chambre des murmures
De retour dans le couloir principal, le groupe ouvrit une porte menant à une salle en L, aux dimensions impressionnantes. Six portes se dressaient le long des murs, et un petit couloir étroit descendait dans les profondeurs. Une table de pierre, entourée de quatre chaises, se tenait au centre. Sur l’une d’elles, du sang frais tachait l’assise. Une analyse rapide révéla qu’il s’agissait de sang de chèvre. Des ossements brisés traînaient au sol. Un rituel sacrificiel, probablement récent.
Les aventuriers inspectèrent chaque pièce. Seule l’une d’entre elles attira leur attention : une chambre sobre, où se tenait un homme en toge, vêtu de tissus noirs et rouges. Il se présenta comme Falfark.
« Vous ne comprenez rien à la Pierre de Vérité, » déclara-t-il d’une voix calme. « Elle nous parle… mais vous êtes trop aveugles pour l’entendre. »
Avant qu’ils ne puissent réagir, Falfark lança une incantation. Un halo d’énergie sombre l’enveloppa. Dragonos se transforma en ours et rugit, bondissant sur lui. Eminos et Legrolas s’écartèrent pour attaquer à distance, tandis qu’Avarielle psalmodiait un trait de feu qui frappa leur adversaire de plein fouet. Le mage résista, mais ses défenses furent rapidement submergées. Il hurla un dernier avertissement avant de s’effondrer, le silence retombant dans la chambre profanée.
Essoufflés, les quatre compagnons prirent le temps de réaliser un repos court, se soignant, pansant leurs plaies et méditant sur ce qu’ils venaient de vivre. Le temple n’avait pas encore révélé tous ses mystères… mais l’obélisque de la pierre de vérité semblait au cœur de tous les secrets de Talundereth.