Donjons & Dragons – La Grande Aventure

Donjons & Dragons – La Grande Aventure

Chroniques de la Grande Arène de Baldur

Nous sommes en l’an 1492. La cité de Baldur est en liesse : aujourd’hui a lieu l’inauguration tant attendue de la Grande Arène, un monument colossal dédié à la gloire, au sang et aux exploits des aventuriers.
Pour célébrer l’événement, un tournoi d’envergure régionale a été annoncé, promettant richesses et renommée à ceux qui sauraient survivre aux épreuves.

Guidés par une affiche aussi alléchante que suspecte, de nombreux aspirants héros se sont retrouvés à l’Auberge du Sang et de la Harpe afin de s’inscrire. Après une première sélection impitoyable, il ne restait plus que vingt finalistes et trois épreuves décisives :
un duel individuel, un combat par équipe, puis la redoutée énigme du reliquaire.

Dans les gradins, la foule grondait. Sur la tribune d’honneur siégeait Uldère Garde-Corbeau, Grand Duc de Baldur, venu assister en personne au spectacle.

Les duels

Chaque aventurier choisit son adversaire dans un bestiaire aussi disparate que cruel : rats géants, gobelins, bandits, squelettes, orcs…

Le premier duel opposa Selunis à un gobelin hargneux. Après avoir harangué la foule au son d’un harmonica audacieux, le demi-elfe entra dans l’arène. Le gobelin chargea avec précipitation… et s’empala littéralement sur la rapière de Selunis. Le combat fut bref, net, presque humiliant.

Braldur, lui, choisit d’affronter un archer orc massif. Grâce à sa vitesse fulgurante, il fondit sur l’orc dès les premières secondes. Pris de panique, l’orc tenta de fuir, mais fut abattu d’un coup de hache aussi lourd que définitif.

Le duel de Valenor contre un loup tourna plus mal. Manquant de précision, il ne parvint pas à toucher la bête et fut finalement mis à terre sous les acclamations cruelles de la foule.

De son côté, Oryn, conspué par les spectateurs, ne laissa aucune chance à son adversaire. Ses déplacements rapides et ses frappes répétées eurent raison du guerrier en un instant.

Enfin, Korga entra dans l’arène pour un combat pour le moins déroutant. Son adversaire, un squelette, dégaîna un arc et tenta de la maintenir à distance. Mais une fois à portée, la naine réduisit le tas d’os en miettes sans la moindre pitié.

Quatre aventuriers furent qualifiés d’office. Le loup ayant déclaré forfait, Valenor fut repêché, rejoignant ainsi le groupe pour la suite du tournoi.

Le combat par équipe

Il ne restait plus que deux équipes de cinq aventuriers. Chaque équipe devait affronter un adversaire tiré au hasard par Graldur, grand orateur et maître du tournoi.

La seconde équipe entra la première… et se retrouva face à un yéti. Malgré leur courage et leur coordination, la créature les massacra sans difficulté, laissant la foule et nos aventuriers stupéfaits.

Puis vint leur tour.

Avançant prudemment dans l’arène, ils découvrirent un ogre colossal, immobile au centre du sable. Immense, terrifiant… et étonnamment désarmé.

Sans véritable stratégie, le groupe décida de charger pour le submerger sous les coups. Tous, sauf Selunis, qui resta à distance pour insulter l’ogre avec une inventivité d’une grossièreté remarquable.
Contre toute attente, ces provocations déstabilisèrent la créature, qui manqua un coup décisif destiné à Valenor.

Portés par la clameur de la foule, les aventuriers finirent par abattre l’ogre. Les gradins explosèrent d’applaudissements. Même Uldère Garde-Corbeau sembla surpris de voir une équipe si jeune triompher avec autant d’assurance.

L’énigme du reliquaire

Pour la dernière épreuve, un reliquaire majestueux fut placé au centre de l’arène. Autour de lui, six symboles gravés dans la pierre :
une flamme, un sablier, une branche, une épée, une couronne et un bateau.

Graldur déclama alors l’énigme :

« Je détruis tout, os, chair et vie.
Jamais je ne me repose car je suis infini.
Ni l’acier des armes, ni la roche des montagnes ne me résiste.
Dévoreur sans faim, mon appétit n’a pas de limites. »

Les discussions s’enflammèrent. Peu à peu, il ne resta que deux symboles possibles : la flamme ou le sablier, représentant le temps selon Korga et Selunis.

Pourtant, quelque chose clochait. Le reliquaire ne semblait ni magique, ni piégé. Une détection de la magie ne révéla rien… ce qui était profondément suspect pour un trésor destiné à récompenser les vainqueurs.

Selunis entreprit alors d’examiner le coffre à la recherche d’une serrure ou d’un mécanisme dissimulé.

C’est à cet instant que la vérité éclata.

Sous les cris de la foule, le reliquaire se transforma en mimique et se jeta sur Braldur, qu’il saisit dans ses tentacules gluantes.

Pris de court, le groupe réagit immédiatement. Tous frappèrent la créature avec acharnement et, dans un geste héroïque, Braldur porta le coup final à cette ignoble « malle de voyage », comme l’avait baptisée Selunis.

Épilogue

La victoire fut totale, mais arrachée de justesse. Les aventuriers avaient frôlé la catastrophe en voyant leur compagnon le plus puissant prisonnier du monstre.

Ainsi s’acheva le tournoi inaugural de la Grande Arène de Baldur, sur le triomphe éclatant d’un groupe aussi efficace que contrasté, mêlant demi-elfes et nains.

Uldère Garde-Corbeau descendit alors dans l’arène pour féliciter personnellement les cinq aventuriers et leur remettre un trésor somptueux, composé de plusieurs objets magiques, scellant ainsi la naissance officielle d’un nouveau groupe promis à de grandes destinées.