Donjons et Dragons – La Grande Aventure – Session 08

Donjons et Dragons – La Grande Aventure – Session 08

Yellyark la Volante et les Jardins de Nangalore

Séance du 12 juin 2026.

Le vingtième jour de leur expédition, les aventuriers poursuivaient leur progression sur le fleuve Olung, en direction des ruines de Nangalore.

Vers midi, ils décidèrent de faire halte sur une berge ombragée afin de reprendre des forces. À peine avaient-ils accosté qu’ils remarquèrent trois canoës rudimentaires amarrés au bord de l’eau.

Le village disparu dans le ciel

En s’avançant prudemment, ils découvrirent une butte de terre d’environ un mètre cinquante de haut. Autour d’elle, plusieurs dispositifs de fortune avaient été installés : des fils tendus auxquels étaient suspendus des coquillages, destinés à alerter les habitants de l’approche d’étrangers. Au-delà se trouvait un village gobelin.

Au centre se dressait un grand totem de bois. Plusieurs huttes étaient réparties autour d’un étrange cercle de feuillage, tandis qu’une cage se trouvait légèrement à l’écart. Les gobelins portaient tous d’immenses masques de bois paraissant beaucoup trop grands pour eux. Valenor tenta d’ouvrir le dialogue. L’accueil fut tout sauf chaleureux.

Quatre gobelins s’empilèrent aussitôt les uns sur les autres pour former une étrange tour vivante, tandis qu’un archer décochait une flèche en direction d’Oryn. Dans un geste spectaculaire, celui-ci attrapa le projectile au vol avant de le renvoyer vers son assaillant. Malheureusement, la flèche manqua sa cible. La bataille éclata. Braldur, furieux, se rua sur les tours de gobelins et les réduisit en pièces.

Le secret de Yellyark

Pendant que le combat faisait rage, un troll de pierre apparut au loin. Sur ordre de la cheffe gobeline, il contourna le village et se dirigea vers une étrange structure végétale. Là, il frappa un arbre dissimulé parmi les feuillages.

La cheffe gobeline recula à son tour et décocha une flèche vers Aurin, sans parvenir à le toucher. Pendant ce temps, les gobelins semblaient abandonner progressivement les abords du totem. Quelque chose n’allait pas.

Pressentant un danger, Korga, Braldur, Aurin et Selunis s’éloignèrent. Valenor, en revanche, n’eut pas le temps de réagir. Le troll frappa l’arbre une seconde fois. Aussitôt, un gigantesque mécanisme se déclencha. Les branches et le feuillage recouvrant le sol se replièrent brutalement. Les huttes, le totem… et Valenor furent projetés dans les airs.

Sous les yeux stupéfaits du groupe, le village entier se transforma en une immense structure volante. Ils venaient de découvrir le secret de Yellyark. Lorsqu’il est menacé, le village gobelin s’arrache au sol et s’envole afin d’échapper à ses ennemis. Valenor se retrouva prisonnier de cette étrange forteresse aérienne.

La poursuite

Le temps que les aventuriers reprennent leurs esprits, les gobelins avaient disparu dans toutes les directions.

Sur place ne demeuraient qu’une hutte abandonnée et une cage vide. Sans perdre un instant, les compagnons partirent à la poursuite du village volant. Guidés par Korga, ils retrouvèrent rapidement sa trace.

Lorsque le village finit par retomber au sol, ils constatèrent qu’il avait relativement peu souffert de l’atterrissage. Valenor, lui, était blessé mais vivant. Korga lui prodigua immédiatement les soins nécessaires. Les aventuriers préparèrent alors une embuscade.

Lorsque les gobelins revinrent sur les lieux, accompagnés de leur troll de pierre, ils tombèrent directement dans le piège. Le combat fut bref. Les défenseurs de Yellyark furent vaincus.

L’amulette de la cheffe

Alors que tout semblait terminé, la cheffe gobeline reprit miraculeusement connaissance. Les aventuriers découvrirent alors qu’elle portait une amulette de cicatrisation, responsable de cet improbable retour. Après quelques négociations, ils acceptèrent de lui laisser la vie sauve en échange de l’amulette. Le marché conclu, chacun repartit de son côté.

Les portes de Nangalore

Les aventuriers regagnèrent leurs canoës et reprirent leur route vers Nangalore. Après une nuit de repos à proximité des ruines, ils se mirent en marche au matin du vingt-et-unième jour. Devant eux s’étendait un immense jardin-palais en ruines. Une vaste avenue d’une trentaine de mètres traversait le site. Au loin, une imposante statue de tyrannosaure laissait couler de l’eau de sa gueule. Deux gigantesques statues d’éléphants gardaient l’entrée.

Des terrasses surélevées bordaient les allées, tandis que plusieurs arches ouvraient sur différents passages. Partout, des visages sculptés représentaient une femme à l’allure royale. Plus loin encore s’élevaient plusieurs dômes de briques : un grand bâtiment central entouré de deux structures plus modestes. Des crocodiles nageaient paisiblement dans les bassins, tandis que perroquets et canaris évoluaient librement parmi les plantes exotiques.

La reine Zalcoré

En examinant les sculptures, les aventuriers découvrirent plusieurs inscriptions rédigées dans une langue inconnue.

Grâce à un parchemin de compréhension des langues, Selunis put en révéler le sens. Le premier visage, affichant une expression stupéfaite, portait l’inscription :

« Ce jardin est dédié à Zalcoré, reine d’Omu. »

Le second, serein, proclamait :

« Puissent les dieux s’extasier devant l’hommage à sa beauté. »

Le troisième visage présentait une expression condescendante. Son inscription avait été modifiée. À l’origine, elle déclarait :

« Adorée par son peuple et par Thiru-Taï, qui l’aime. »

Mais ces mots avaient été rayés puis remplacés par :

« Adorée par son peuple et par Thiru-Taï, qui l’a trahie. »

Le quatrième visage, sévère et solennel, affirmait :

« En cette dixième année de son règne, puisse-t-elle régner pour l’éternité dans toute sa splendeur. »

Les jardins oubliés

Les aventuriers entreprirent alors d’explorer les terrasses à la recherche de la précieuse orchidée noire dont Asharra avait besoin. Dans un premier jardin, ils découvrirent plusieurs baies de cinda, réputées pour protéger contre les poisons. Plus loin, des singes cachés dans les arbres leur lancèrent d’étranges fruits. Valenor et Selunis furent touchés. Les effets furent immédiats.

Victimes de fruits de singes dansants, ils se mirent à danser et à se déhancher malgré eux pendant plus d’une minute sous les éclats de rire des singes. Le reste du groupe assista à la scène avec un amusement difficile à dissimuler.

Les dangers de Nangalore

Plus tard, Selunis remarqua qu’un jardin entier semblait dégager une substance soporifique.

Il ordonna immédiatement à ses compagnons de quitter la zone avant que les vapeurs ne les affectent. Au sud-ouest du palais, une autre inscription attira leur attention :

« Grand Uptao, libère-moi ! »

À l’intérieur du jardin se trouvait une immense plante carnivore rappelant un attrape-mouches géant. Sans avertissement, la créature se referma sur Braldur. Les aventuriers se précipitèrent au combat.

Après une lutte acharnée, ils parvinrent finalement à libérer leur compagnon et à triompher de la plante monstrueuse. Mais Nangalore recelait encore bien des mystères.

Et quelque part parmi ses jardins oubliés se trouvait toujours l’orchidée noire qu’ils étaient venus chercher.