Le Fleuve, les Esprits et le Doigt de Feu
Séance du 27 mars 2026.
Après avoir réglé leurs affaires en ville, les aventuriers se rendirent au marché de Port Nyanzaru afin de se préparer à leur première véritable expédition dans la jungle.
Sous une chaleur écrasante, ils firent l’acquisition du nécessaire à leur survie : collecteurs d’eau, baumes anti-moustiques et, surtout, un canoë capable de les porter sur les fleuves traîtres de Chult.
Le moment était venu de quitter la sécurité relative de la cité.
Le départ avec Azaka
Ils retrouvèrent leur guide, Azaka Crocorage, et lui annoncèrent leur intention de partir.
Elle leur rappela alors la raison de leur voyage : atteindre le Doigt de Feu, un piton rocheux ancien servant autrefois de tour de signalisation, afin de récupérer un masque en bois sculpté dérobé par des ptérosauriens. Sans plus attendre, ils embarquèrent.
Remonter la Tiryki
Le troisième jour depuis leur arrivée en Chult, en début d’après-midi, ils commencèrent à remonter la rivière Tiryki. La jungle les enveloppa rapidement. Le premier jour de navigation se déroula dans un calme trompeur.

Le lendemain, la pluie s’invita, lourde et persistante, rendant l’air encore plus étouffant. En fin de journée, Korga aperçut des ombres tournoyant au-dessus d’eux. Azaka leur recommanda la prudence.
Ils établirent leur camp, installèrent leurs collecteurs d’eau, et passèrent une nuit battue par les pluies tropicale, abondantes, mais précieuses. Dans le silence de la nuit, un doute traversa l’esprit de Korga : ils étaient partis sans prévenir Syndra Sylvaine. Mais désormais, il était trop tard pour revenir en arrière.
L’esprit de la jungle
Le lendemain, lors de la pause de midi, un étrange phénomène se produisit. Dans le sac de Korga, un bâtonnet d’encens avait disparu… remplacé par une noix lumineuse. Bientôt, Braldur aperçut une petite créature d’à peine trente centimètres : un chwinga, esprit élémentaire discret et espiègle, capable de se fondre dans son environnement.
Valenor lui offrit une pièce d’argent. La créature l’accepta… et lui remit à son tour une noix lumineuse. Puis elle disparut, comme si elle n’avait jamais existé.
La jungle se referme. Les jours suivants furent plus tendus. Des bruits lointains, des traces dans la boue, des mouvements dans les feuillages… La jungle observait.
Chaque soir, les aventuriers répétaient leurs rituels : monter le camp, installer les collecteurs, organiser les tours de garde. Jusqu’au quatrième jour.
L’attaque du fleuve
Sans avertissement, le canoë fut encerclé par une nuée de piranhas. Leur frénésie transforma l’eau en tourbillon mortel. Selunis tenta d’en embrocher un, mais dans sa maladresse, il endommagea le canoë.

Korga, elle, en brûla plusieurs grâce à sa magie. Soudain, deux javelines surgirent du ciel. Oryn fut frappé de plein fouet. En levant les yeux, il aperçut un ptérosaurien s’éloignant, bientôt rejoint par d’autres. Pris entre les prédateurs du fleuve et ceux du ciel, les aventuriers luttaient pour survivre. Selunis fut à son tour gravement touché et s’effondra, inconscient.
Korga perdit l’équilibre et tomba à l’eau mais Valenor, dans un réflexe fulgurant, la saisit et la ramena à bord. La situation devenait désespérée.
Braldur et Oryn pagayèrent avec acharnement vers la berge, tandis que Korga soignait Selunis, le ramenant à la conscience. Les javelines pleuvaient. Valenor fut pris pour cible, mais son armure absorba les impacts. Finalement, dans un effort collectif, ils atteignirent la rive. À couvert, ils purent reprendre leur souffle. Après un court repos, ils réparèrent sommairement le canoë et reprirent leur route.

Le Doigt de Feu
Les jours suivants furent plus calmes. Puis, enfin, ils l’aperçurent. Le Doigt de Feu. Un immense piton rocheux de près de 90 mètres, surgissant au-dessus de la canopée. À son sommet brûlait un brasier, laissant s’échapper une épaisse fumée visible à des kilomètres. En observant attentivement, ils distinguèrent des corniches, des grottes, et des échelles accrochées à la pierre.
Azaka leur fit alors une révélation : elle ne les accompagnerait pas plus haut. Le vertige la paralysait, et l’ascension était trop dangereuse pour elle. Elle leur conseilla d’attendre la nuit, et si possible la pluie afin d’éviter d’être repérés par les ptérosauriens.

Les morts au pied de la tour
À la tombée de la nuit, Azaka les guida jusqu’au pied du piton. Là, ils découvrirent un spectacle glaçant. Le corps brisé d’un elfe gisait au sol, la cage thoracique écrasée, les membres disloqués. Autour de lui, d’autres cadavres témoignaient d’échecs similaires. Beaucoup avaient tenté l’ascension. Peu sinon aucun n’en étaient revenus.
L’ascension
En contournant la base, ils trouvèrent une première échelle. Oryn et Selunis grimpèrent sans difficulté. Mais les autres échouèrent à plusieurs reprises, glissant, chutant, luttant contre le vide. Après plusieurs tentatives, ils parvinrent finalement à atteindre l’entrée d’une première caverne. Essoufflés, marqués, mais déterminés. Devant eux s’ouvrait désormais l’intérieur du Doigt de Feu. Et avec lui, une nouvelle épreuve.